Conflit au Moyen-Orient : quelles conséquences pour la chaîne mondiale des polymères?
Hausse des prix des résines et tensions sur l’approvisionnement
Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, les marchés des polymères connaissent une phase de forte instabilité. Cette situation entraîne une augmentation rapide du prix des résines de base et fragilise l’ensemble des chaînes d’approvisionnement mondiales. Au-delà du transit de pétrole, on estime en effet que près de 40 % des fournisseurs de matières plastiques sont situés dans cette région.
Ce contexte rappelle à quel point l’industrie des plastiques – et plus spécifiquement celle de l’emballage – demeure fortement dépendante des flux énergétiques et pétrochimiques internationaux.
Une hausse rapide des prix des polymères
Les premières conséquences du conflit se sont rapidement fait ressentir sur les marchés des résines vierges. En Europe, certaines résines ont enregistré des hausses significatives en quelques jours, jusqu’à 30 voire 40% :
- Plus de 250 €/t pour le PEHD,
- Plus de 170 €/t pour le LDPE,
- Plus de 35 €/t pour le PP sur certains marchés.
Face à cette hausse des coûts des matières premières, les producteurs ont déjà commencé à répercuter ces augmentations sur les transformateurs. Cette situation exerce une pression croissante sur les marges de l’ensemble de la chaîne de valeur, des producteurs de résines aux industriels utilisateurs.
Le détroit d’Ormuz : un point stratégique pour les flux pétrochimiques
L’un des principaux facteurs de perturbation concerne le détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique reliant le Golfe persique aux marchés internationaux. La fermeture ou la perturbation de cette route commerciale entraîne un blocage des flux de matières premières, ce qui pourrait provoquer des tensions d’approvisionnement dans les semaines à venir.
Pour les polymères, l’impact est particulièrement significatif. Selon plusieurs analyses sectorielles, environ 84 % de la capacité d’exportation de polyéthylène du Moyen-Orient transite par ce détroit. Le polyéthylène étant le plastique majoritairement utilisé dans tout le secteur de l’emballage…
Toute perturbation dans cette zone se répercute donc immédiatement sur l’équilibre de l’offre mondiale.
Des conséquences à toutes les étapes de transformation des produits
Le plastique est omniprésent dans les usines, que ce soit pour du conditionnement primaire ou de la logistique. Ne plus avoir de plastique, c’est ne plus pouvoir conditionner et expédier les produits. Ce point est d’autant plus critique que de nombreuses entreprises ont travaillé sur les flux et leurs stocks, et dans des contextes économiques déjà tendus, disposent de très peu de stocks d’emballages. Les répercussions pourront être très rapides, avec des effets sensibles dès ces prochaines semaines. Les acteurs forts consommateurs d’emballages, dont pour le conditionnement des produits sensibles tels que l’agroalimentaire ou la cosmétique, seront impactés avec des conséquences d’autant plus importantes que les produits sont périssables.
