Fin 2025 marque un tournant pour la filière plastique en France : TotalEnergies a lancé son unité de recyclage chimique à Grandpuits-Gargenville. Depuis début 2026, la filière de recyclage des emballages souples en PP devient alors concrète, offrant une nouvelle solution pour des déchets jusqu’ici incinérés ou enfouis.
Une infrastructure industrielle clé pour la circularité des plastiques
Avec un investissement de 100 millions d’euros pour l’unité de recyclage chimique (transformation des déchets plastiques en huile de pyrolyse) et 20 millions supplémentaires pour adapter le vapocraqueur d’Anvers, qui transformera cette huile de pyrolyse en naphta, TotalEnergies pose les bases d’une chaîne de valeur intégrée du recyclage chimique.
Cette installation, la troisième du genre en Europe après celles de Sabic (recyclage des plastiques PE et PP) aux Pays-Bas et d’Indaver à Anvers (recyclage des pots en PS), vise une capacité de traitement de 15 000 tonnes de déchets plastiques par an d’ici fin 2026. Elle cible spécifiquement les films souples en PE et PP, les emballages multicouches et les plastiques contaminés, destinés habituellement à l’enfouissement ou à l’incinération.
Le 3 mars 2026, un premier lot de 30 tonnes d’huile de pyrolyse a été expédié vers Anvers, marquant le démarrage concret de la boucle de valorisation.
Une filière structurée et un retour au contact alimentaire
Le projet repose sur une organisation industrielle complète, mobilisant plusieurs acteurs clés :
- L’éco-organisme Citeo sécurise l’approvisionnement avec un lot de 15 000 tonnes de films PE/PP issus des déchets ménagers
- Paprec assure la préparation du flux (tri, broyage, calibration) sur son site de Seiches-sur-le-Loir
Le rendement atteindrait environ 70 % d’huile de pyrolyse, qui serait ensuite utilisée en pétrochimie pour produire de nouvelles résines plastiques.
L’objectif est de garantir que la matière recyclée produite sera compatible avec une sortie du statut de déchet, et d’une qualité et pureté élevées, permettant son utilisation pour des emballages au contact des denrées alimentaires.
Impacts pour les metteurs en marché d’emballages
La mise en service de cette unité dépasse le simple cadre industriel, elle change notamment le statut des emballages souples en PP.
Depuis début 2026, la filière étant opérationnelle :
- Ces emballages peuvent désormais être considérés comme recyclables conformément à la définition définie dans le décret n°2022-748
- Les entreprises peuvent mettre à jour leurs données QCE et leurs allégations environnementales
Cela ouvre une nouvelle voie pour répondre aux futures exigences du PPWR sur l’incorporation de matière plastique recyclée dans les emballages au contact de produits sensibles en 2030.
Toutefois, cette circularité a un coût, TotalEnergies évoque une valeur additionnelle liée à la circularité par rapport aux résines vierges, sans en préciser le niveau.
