Une étude du cabinet Nova Institute, publiée le 20 avril pour la Commission Européenne, apporte un éclairage important sur le rôle potentiel des plastiques biosourcés dans la transition des emballages. Dans le cadre du règlement européen sur les emballages et les déchets d’emballages (PPWR), elle pourrait contribuer à faire évoluer les politiques européennes en matière de matériaux.
Vers une nouvelle impulsion réglementaire en Europe
Le rapport recommande d’introduire des objectifs contraignants d’incorporation de contenu biosourcé dans les emballages plastiques, associés à des critères de durabilité stricts. L’objectif serait de soutenir le développement d’un marché encore émergent et d’accélérer les investissements.
Si le PPWR fixe déjà des objectifs ambitieux sur le contenu recyclé, le rôle du carbone biosourcé reste aujourd’hui moins structuré. L’étude vient donc combler ce manque en proposant une vision plus globale de la gestion du carbone dans les emballages.
Une technologie déjà mature, mais freinée par le marché
Contrairement à certaines idées reçues, le rapport indique qu’il n’existe pas de barrière technique majeure à l’usage des plastiques biosourcés. Il recense 17 polymères déjà disponibles, adaptés à de nombreuses applications d’emballage. La production est principalement concentrée en Asie (55 %), suivie de l’Amérique du Nord (17 %) et de l’Europe (14 %).
Malgré cela, les plastiques biosourcés ne représentent qu’environ 1 % du marché mondial, contre plus de 99 % pour les plastiques fossiles. Ce décalage s’explique moins par la technologie que par des freins structurels :
- coûts de production encore élevés
- infrastructures de collecte et de transformation limitées
- manque de cadre politique clair
- marché insuffisant pour atteindre des économies d’échelle
L’étude met ainsi en lumière un point clé pour l’industrie : le débat ne porte plus sur la faisabilité des matériaux, mais sur leur intégration dans les politiques publiques et les chaînes d’approvisionnement.
Recyclé et biosourcé : deux leviers complémentaires pour la décarbonation
L’étude repositionne également la relation entre plastiques recyclés et biosourcés. Loin d’être concurrents, ils sont complémentaires : le recyclage maintient le carbone déjà en circulation, tandis que les matières biosourcées introduisent du carbone renouvelable dans le système.
Une stratégie reposant uniquement sur le recyclage pourrait ne pas suffire à long terme, en raison des pertes inévitables liées aux collectes, à la qualité des flux ou aux limites techniques de certaines applications.
Le rapport souligne également leur potentiel de réduction des émissions de gaz à effet de serre, sous réserve de critères de durabilité stricts (usage des terres, traçabilité, cohérence avec les politiques européennes de biomasse).
Cette étude s’inscrit dans une évolution plus large du cadre européen : la décarbonation des emballages ne reposera pas uniquement sur le recyclage, mais sur une combinaison de leviers incluant réduction, réemploi, recyclage, biosourcé et valorisation du carbone.
Retrouver l’étude complète ici
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