Vues d’Europe, les conséquences de cette crise géopolitique pourraient sembler à première vue concentrées sur les carburants et plus globalement le secteur des transports. Indirectement, les coûts des matériaux et objets s’en trouveraient renchéris. Oui, mais…
Des coûts et approvisionnements perturbés sur toute la chaîne industrielle.
Acheteurs et approvisionneurs de toute la chaîne d’emballage s’arrachent en fait les cheveux depuis des semaines…. Pour justement, tenter de maîtriser les conséquences des prix explosifs et de chaînes d’approvisionnement tendues.
On pense d’abord aux plastiques bien sûrs, car qui dit pétrole dit naphta ; puis il faut se rappeler que de nombreux produits sont dérivés du pétrole : les additifs de ces plastiques, les vernis, les encres, les colles… Tous les secteurs dits « énergo-intensifs » sont aussi fortement affectés par la hausse du coût de l’énergie : ainsi le verre, le métal. Et l’aluminium se voit infliger une double peine, car sa transformation est réalisée à hauteur de 20% dans les pays du Golfe.
La perception industrielle des conséquences a été très rapide : dès la première semaine du conflit, des plastiques de commodité affichaient des hausses de 50%, tandis que certains emballages se renchérissaient d’emblée de 30% (effets d’aubaine ?). Le tout provoquant un regain soudain d’intérêt pour les matières recyclées.
Qu’en est-il de la perception consommateur ?
Elle est peu évidente actuellement concernant l’emballage. Certaines usines d’emballage ont bien annoncé fermer tout ou partie, faute d’approvisionnement (source) ; mais la conséquence n’est pas encore visible sur les rayons en Europe, grâce à des chaînes d’approvisionnement robustes et des effets de stock. Pour autant, dans certains pays plus exposés, ces conséquences sont déjà notables sur les matériaux et décors des emballages, et en conséquence leurs prix !
Ainsi, certaines boissons carbonatées vendues habituellement en Inde en canette ne sont maintenant plus disponibles qu’au format verre, faute d’approvisionnement suffisant en aluminium. Un changement qui renchérit le coût de la boisson jusqu’à plus de … trois fois ! (source)
Les encres sont également affectées. Un fabricant de chips japonais a ainsi annoncé prendre les devants en passant l’ensemble de sa gamme en noir et blanc (source).
Dans ce même pays, un sachet de ketchup gagne également en transparence pour limiter la consommation d’encre (source), tandis qu’un fabricant de pâtes se résout à ne plus indiquer les temps de cuisson sur le ruban de maintien des pâtes (source).
Ces temps troublés feront-ils finalement plus pour l’éco-conception et la circularité des emballages que les réglementations en cours de mise en place ?
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