Les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) constituent une vaste famille de milliers de composés chimiques de synthèse, utilisés dans certains emballages alimentaires pour leurs propriétés anti-graisse et anti-humidité. Mais ces substances sont persistantes dans l’environnement et l’organisme, ce qui leur vaut le surnom de « polluants éternels », et peuvent poser des risques pour la santé.
Des pratiques encore disparates en Europe
La garantie d’une application cohérente des règles à l’échelle européenne n’est cependant pas assurée car aucune méthode harmonisée n’existe aujourd’hui pour mesurer les PFAS dans les emballages alimentaires.
Actuellement, chaque pays européen applique ses propres protocoles de tests et critères d’évaluation, ce qui rend difficile la comparaison des résultats et la vérification uniforme de la conformité. Certains états privilégient le criblage du fluor total, tandis que d’autres réalisent des analyses ciblées des différentes substances PFAS.
Un enjeu réglementaire européen
Avec l’entrée en application prochaine du règlement européen PPWR, la présence de PFAS dans les emballages alimentaires sera strictement encadrée. Ces substances seront interdites à partir du 12 aout 2026, lorsque leur concentration dépassera certains seuils, définis à l’article 5 du réglement :
- 25 ppb pour tout PFAS mesuré par analyse ciblée des PFAS
- 250 ppb pour la somme des PFAS mesurée comme la somme des analyses ciblées des PFAS
- 50 ppm pour l’ensemble des PFAS, y compris polymériques
Le guide d’orientation (Legal Notice) publié par la Commission Européenne le 30 mars dernier a permis d’éclaircir ce point en définissant une approche progressive pour vérifier la conformité aux PFAS.
La 1ère étape consiste à rechercher la teneur totale en fluor. Si cette teneur dépasse le seuil de 50 ppm, la 2ième étape requiert une analyse par pyrolyse-GC/MS afin d’identifier les différentes substances PFAS. Si cette 2ième étape confirme la présence de PFAS à une concentration supérieure à 25 ppb ou une somme de PFAS supérieure à 250 ppb, la 3ième étape, l’analyse des précurseurs oxydables totaux (TOP), peut être mise en œuvre pour obtenir une vision complète de la contamination par les PFAS.
Une task force européenne pour harmoniser les tests
En parallèle, la Commission Européenne a lancé une « task force » dédiée aux PFAS dans les emballages alimentaires, dans le cadre du PPWR. Cette instance est constituée de représentants de la Direction générale de la santé et de la sécurité alimentaire, de la Direction générale de l’environnement, du Centre commun de recherche (JRC), ainsi que de la France, de la Suède et de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA).
Sa mission est d’élaborer un protocole harmonisé de tests pour vérifier la conformité des emballages aux seuils réglementaires.
Le débat principal porte sur le choix de la méthode : un criblage du fluor total est-il suffisant, ou est-il systématiquement nécessaire de tester les trois valeurs limites prévues par le PPWR ? La task force prévoit de publier ses conclusions en juin 2026, soit très peu de temps avant l’entrée en application du règlement le 12 août 2026.